Entre Paris et Genève, les multiples facettes de Jeffrey Epstein
En 2013 le PDG d'Hermès a reçu le pédocriminel, un ami d'Ariane de Rothschild. Conseiller, confident, maître chanteur, agent ou criminel financier : les manières d'Epstein dans le monde des affaires.

C’est une rencontre qu’Axel Dumas, PDG d’Hermès, doit regretter. Et que le groupe de luxe aimerait beaucoup faire oublier. À la toute fin mars 2013, le dirigeant de ce fleuron du luxe français, a reçu Jeffrey Epstein, en compagnie de Woody Allen, dans les ateliers Hermès de Pantin (Seine-Saint-Denis). Parmi les millions de documents diffusés publiquement par le département de la justice américain depuis plusieurs semaines, on trouve ainsi plusieurs photos attestant de la rencontre dans des mails échangés les 28 et 29 mars 2013. On y voit les trois hommes souriants. Lors de cette visite privilégiée des ateliers du groupe de luxe, est également présente Bali Barret, la directrice artistique adjointe de « l’univers féminin » d’Hermès.
Cette rencontre a lieu cinq ans après la condamnation de l’Américain à 18 mois de prison pour sollicitation de prostitution auprès d’une personne mineure. Dès 2008, l’homme d’affaires ami des puissants est donc fiché à vie comme délinquant sexuel. Ce qui ne dérange aucunement Woody Allen, son ami, et ne semble pas freiner beaucoup le patron du groupe de luxe qui reçoit alors les deux hommes.
La semaine dernière, j’ai donc contacté Anne Méaux, patronne d’Image 7, qui s’occupe de la communication d’Hermès et de celle de son dirigeant, pour savoir ce qu’ils avaient à dire sur la présence du PDG dans les Epstein files. La communicante me répond dans un premier temps que si « Jeffrey Epstein a tenté à plusieurs reprises d’approcher le gérant d’Hermès », ce dernier « a décliné les deux invitations ».
Escapade parisienne avec Woody Allen
Ce n’est que lorsque je lui réponds qu’il existe des photos attestant d’une rencontre entre les deux hommes qu’Anne Méaux me confirme la visite dans les ateliers Hermès tout en essayant de la minimiser. Elle me précise ainsi que cette visite avait été initialement prévue pour Woody Allen et qu’Axel Dumas « ne connaissait donc pas » Jeffrey Epstein qui accompagnait son ami. Dans un mail de Jeffrey Epstein du 21 novembre 2013, on apprend en effet que c’est Soon-Yi Previn, la femme du cinéaste, qui a organisé la visite des ateliers auprès d’Hermès.
Lors de cette escapade parisienne, Epstein a passé une bonne partie de son temps avec Allen et sa famille, allant jusqu’à mettre à leur disposition son jet le dimanche 30 mars pour un voyage vers une seconde destination. A-t-il profité de ses amis pour pouvoir rencontrer le PDG d’Hermès ? Ce dernier était-il une « cible » ? La visite des ateliers d’Hermès par le pédocriminel est loin d’être une rencontre accidentelle. Dès février 2013, Jeffrey Epstein a l’intention de voir Axel Dumas à Paris. C’est ce qui transparaît dans cette note écrite par l’assistante du pédocriminel, dans laquelle le nom du PDG d’Hermès apparaît au milieu de plusieurs amis proches de Jeffrey Epstein à Paris, dont Jack Lang et sa fille Caroline, mais également « Daniel » (Siad) et « Jean-Luc » (Brunel) :
Le 20 novembre 2013, Jeffrey Epstein a finalement l’occasion de revoir Axel Dumas à Paris, lors d’une performance de l’artiste et comédienne Tilda Swinton au musée de la mode à Paris. Entre gens du beau monde, ce genre de rencontres est commune. Mais le lendemain même, l’Américain contacte le secrétariat du patron d’Hermès. Si ce dernier fait répondre par son assistante qu’il ne pourra le recevoir prochainement du fait de son emploi du temps, un call est manifestement fixé quatre jours plus tard ainsi qu’une visite d’un des magasins d’Hermès, toujours en présence de Woody Allen (voir mail ci-dessous).
Le même jour, l’assistante de Jeffrey Epstein écrit dans un mail qui lui est adressé : « J’ai parlé avec Elodie au bureau de M. Dumas. Elle va consulter son emploi du temps et me recontactera plus tard dans la semaine pour convenir d’un moment pour discuter ». Ces premiers éléments mettent déjà à mal la version de rendez-vous fermement déclinés.
Mais c’est une discussion bien plus tard entre Steve Bannon, l’inspirateur de l’extrême droite américaine, et Jeffrey Epstein, qui interroge plus encore. Dans cet échange du 16 juillet 2018, le premier demande au second s’il connaît Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH, concurrent d’Hermès. Epstein répond avoir « de très proches amis mutuels », en citant en particulier Jack Lang. Il ne le cite pas dans son SMS, mais Jeffrey Epstein côtoie également à Paris Jean-Yves Le Fur (cité dans le fameux « black book »), alors propriétaire de la boîte de nuit Le Montana, situé près du Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés, où Epstein a ses habitudes. Producteur et homme de presse (fondateur de DS, Numéro, mais aussi un temps propriétaire de Lui), Le Fur était une personnalité du monde de la mode à Paris et connaissait le grand patron du luxe. Bannon, dans son message suivant, fait référence, non aux mondanités de la mode parisienne mais à la bataille engagée par Bernard Arnault à partir de 2010 pour le contrôle d’Hermès et aux difficultés qu’il a rencontrées dans cette entreprise. Et Epstein de répondre, d’une manière équivoque : « Axel Dumas, à la tête d’Hermès, avait un meilleur conseiller :) ».

Le projet d’un dîner chez Ariane de Rothschild
Aujourd’hui, chez Hermès, les inquiétudes se portent davantage sur un certain projet de dîner et des échanges datant de janvier 2014 entre Jeffrey Epstein et sa très grande amie française Ariane de Rothschild, patronne du groupe financier Edmond de Rothschild établi à Genève, également une proche d’Axel Dumas.
Le 22 janvier 2014, l’assistante d’Epstein contacte de nouveau le secrétariat du PDG d’Hermès l’informant d’une visite prochaine à Paris de l’Américain et lui proposant une rencontre à trois avec Ariane de Rothschild. Deux jours plus tard, l’assistante d’Axel Dumas répond que ce dernier, loin de décliner, « sera ravi » de rencontrer Jeffrey Epstein en compagnie de leur amie commune, et propose de les rencontrer tous les deux au Sofitel Le Faubourg rue Boissy d’Anglas dans le 8e arrondissement à 17h30 le 30 janvier 2014.
Deux jours plus tard, Epstein change d’avis sur les circonstances du rendez-vous et décide d’inviter Axel Dumas à venir ce même 30 janvier pour un dîner plus décontracté chez Ariane de Rothschild, cette fois-ci sur les coups de 20h30, en compagnie de l’ancien Premier ministre israélien, Ehud Barak. Dans des mails échangés le 27 janvier avec Ariane de Rothschild (voir ci-desous), Jeffrey Epstein propose désormais d’organiser un dîner collectif, « informel », notamment avec le réalisateur de cinéma Michel Hazanavicius, mais aussi avec « Axel Dumas et sa femme1 ». En réponse, son hôte propose d’inviter également l’homme d’affaires Charles Beigbeder et « deux autres PDG quadras ».
Finalement, ce projet de dîner sera avorté, car Ehud Barak prévoit de ne rester qu’une journée à Paris, et de son côté, le secrétariat d’Axel Dumas avertit que le PDG a une contrainte d’emploi du temps. Début février, Jeffrey Epstein tente une nouvelle fois de voir le patron du groupe du luxe quelques jours plus tard, mais ce dernier fait dire par son assistante qu’il est alors en déplacement. Dans les messages pour l’instant dévoilés par la justice américaine, aucun autre échange n’apparaît ensuite entre les deux assistantes.
Aujourd’hui, les Epstein files donnent des sueurs froides au monde des affaires parisien et européen. Au passage, les communicants de crise ne chôment pas depuis quelques jours pour répondre aux journalistes et tenter d’influer sur le récit médiatique. Quelques heures après mes échanges avec Anne Méaux, le compte X CitizenMedia publiera opportunément un mail issu des Epstein files datant de 2016 dans lequel on apprend qu’Hermès a refusé un don financier de Jeffrey Epstein dans le cadre d’une opération de philanthropie menée par le groupe de luxe. En quelques heures, de façon assez étonnante, ce message posté sur X, qui ne cite pas Axel Dumas, récoltera 2,2 millions de vues. Plusieurs journalistes et influenceurs se mettent à le relayer en mettant en avant que le groupe de luxe semble irréprochable au sujet de Jeffrey Epstein et bien plus prudent qu’un Jack Lang. Comme pour mieux faire oublier la visite des ateliers Hermès de 2013 et les échanges au sujet du dîner ?

Ariane de Rothschild apparaît à 4440 reprises
Les Epstein files jettent une lumière crue sur ce qui est souvent décrit dans mon travail, l’entre-soi du milieu parisien et mondial des affaires. Pour approcher les figures de la place économique et financière de Paris et du CAC 40, Jeffrey Epstein joue habilement de ses proximités affichées et multiples contacts. Force est de constater qu’en dépit de leurs conseils souvent chèrement rémunérés, tant en communication qu’en sécurité, voire renseignement privé, les dirigeants économiques et politiques se laissent prendre aux pièges de courtisans mal intentionnés. Face à ce multi-criminel, l’entre soi protecteur s’est retourné contre ceux qui d’habitude en bénéficient.
Ainsi, au matin du 27 juin 2012, Karim Wade, consultant auprès de chefs d’État africains et dans le secteur minier, par ailleurs fils de l’ancien président sénégalais, demande par mail à Epstein l’adresse de son appartement parisien (ci-dessous). En réponse, ce dernier s’exécute et lui donne les codes d’entrée… avant que Wade ne l’informe qu’il va les transférer à Anne Lauvergeon, qui a quitté un an plus tôt la présidence d’Areva, avant de dire à son ami : « À cet après-midi ». Contactée, Anne Lauvergeon me dément très rapidement une telle rencontre : « Surprise totale : je n’ai jamais rencontré Epstein. Et je ne me souviens d’aucune invitation de ce genre ».
C’est aussi dans les Epstein files qu’on apprend par un mail datant du 17 juin 2013 que son ami journaliste Edward Jay Epstein (appelé souvent Ed Epstein) lui propose de déjeuner à New-York six jours plus tard en compagnie de Serge Weinberg, alors PDG du groupe pharmarceutique Sanofi, par ailleurs administrateur de la banque Rothschild & co et proche du président Macron (c’est notamment grâce à Weinberg que Macron entrera chez Rothschild & co entre 2008 et 2012). Interrogé sur ce projet de déjeuner, Serge Weinberg est catégorique : « Ed Epstein est un journaliste d’investigation, connaissance de mon épouse, que j’ai rencontré trois fois. Je n’ai jamais été informé qu’il avait invité Jeffrey Epstein à un déjeuner chez lui. Le déjeuner que vous évoquez n’a jamais eu lieu et j’en ignorais tout. Je ne suis jamais allé chez Ed Epstein »2.
Autre exemple : dans un mail du 13 août 2016, le chef d’orchestre Frédéric Chaslin informe son ami américain avoir déjeuné quelques jours plus tôt avec Sébastien Bazin, le grand patron du groupe Accor, qui présidait alors le théâtre du Châtelet, et qui lui aurait dit : « Il m’a dit qu’il te connaissait ». J’ai interrogé un des conseils de Bazin sur une telle évocation qui doit revenir rapidement vers moi.
Mais revenons à la relation amicale et de travail entre Jeffrey Epstein et Ariane de Rothschild, patronne du groupe financier Edmond de Rothschild, aujourd’hui incontestable et particulièrement intense. À titre de comparaison, son nom est cité à 4440 reprises dans les Epstein files, quand celui de Trump apparaît à 4732 reprises. Difficile aujourd’hui pour elle de nier cette grande proximité.
Comme le souligne justement le Financial Times, Jeffrey Epstein est bien plus qu’un conseiller d’Ariane de Rothschild : pour la dirigeante de banque, il devient très vite un « confident ». Cette position donne à l’Américain « une position privilégiée au cœur de l’une des plus puissantes familles d’Europe dans la banque », souligne le quotidien financier britannique. Après la disparition d’Edmond de Rothschild, le fondateur, Epstein amène Ariane de Rothschild (la belle-fille d’Edmond), à s’emparer de la direction opérationnelle de la banque quand son mari, l’héritier Benjamin de Rothschild, se contente de la présidence du comité exécutif jusqu’à sa mort brutale en janvier 2021 (il meurt d’une crise cardiaque) : « it was clear that Ariane was in charge », commente le FT (« Il était clair qu’Ariane était aux commandes »).
En 2013, les États-Unis lancent une grande offensive à l’encontre des banques suisses, accusées d’aider des citoyens américains à dissimuler leurs avoirs. Menacé par les autorités judiciaires américaines, le groupe Edmond de Rothschild réussit à négocier le 18 décembre 2015 une amende de 45 millions de dollars, en grande partie grâce à l’action de Jeffrey Epstein. Le groupe bancaire lui a payé pour cette intervention, la modique somme de 25 millions de dollars, versée à l’une de ses sociétés immatriculées aux îles Vierges américaines, la Southern Trust Company.
En 2023, Ariane de Rothschild avait tenté de minimiser cette relation en reconnaissant auprès du Wall Street Journal qui avait alors révélé l’affaire, avoir eu seulement quelques échanges avec Jeffrey Epstein, mais aujourd’hui, le FT souligne à raison que les milliers de mails et d’échanges rendus publics par le DOJ dépeignent un tout autre cadre dans lequel « la banquière française partage des confidences privées avec Jeffrey Epstein ». Ou pour le dire à la manière du Monde cette semaine, une « vraie proximité »… Auprès du quotidien du soir, le groupe Edmond de Rothschild reconnaît l’existence d’une « relation professionnelle » entre les deux personnalités, sur laquelle « une relation d’ordre plus personnel s’est installée au fil des années ».
« Je flippe et j’ai peur de ne pas être à la hauteur du job », confesse de façon étonnamment ouverte Ariane de Rothschild en février 2015 quelques temps seulement après avoir récupéré la direction de la banque. « Tu n’as jamais à te cacher de moi, je peux écouter et conseiller ou juste écouter, il n’y a rien que tu puisses me dire qui me choquerait », lui envoie Jeffrey Epstein en mai de cette année-là en réponse à un message sur les difficultés dans son mariage. Entre Jeffrey et Ariane, les nombreux échanges mails attestent par ailleurs de cadeaux, visites et dîners. Ils échangent des conseils lifestyle ; il lui fournit des contacts pour l’admission à l’université de l’une de ses filles ; ils partagent des idées de vacances et des éléments de leur vie quotidienne. On apprend aussi qu’Ariane de Rothschild n’hésite pas à venir accompagnée d’une de ses filles pour retrouver Jeffrey Epstein aux États-Unis. Ou qu’une autre d’entre elles échange de très nombreux messages avec lui. Bref, entre 2013 et 2019, « Jeff » devient rapidement un ami de la famille.
Dans plusieurs mails, Jeffrey Epstein laisse entendre à Ariane de Rothschild que des détectives privés enquêtent sur les problèmes de toxicomanie présumés de son mari. Le conseiller tente alors de convaincre Ariane de Rothschild d’éloigner encore un peu plus son mari de la direction opérationnelle de la banque. En avril 2015, il écrit : « Je pense que tu devrais faire une demande de mise sous tutelle concernant Benjamin, et lui donner le choix entre le dépôt de cette demande ou sa démission.» Et d’ajouter : « Il est hors de contrôle et il est un danger pour toi et ta famille ». Ces conseils seront laissés sans suite : Benjamin de Rothschild restera bien président de la banque jusqu’à sa mort.
Conflit entre Ariane et David : Epstein à la manœuvre
Sur le front du business, Epstein s’occupe de bien d’autres dossiers pour Edmond de Rothschild qui traverse décidément une période de tumultes. Alors que la direction de la banque est en plein remaniement, le conseiller très spécial propose une série de profils pour remplacer de hauts cadres et entame des discussions avec le fonds américain Apollo Global Management, co-fondé par son proche ami Léon Black, au sujet d’un éventuel rapprochement. Il doit également gérer l’enquête luxembourgeoise sur le scandale lié au fonds souverain malaisien 1MBD. Dans cette affaire tentaculaire de détournement de fonds d’un montant estimé à 4 milliards de dollars, la banque genevoise subit une descente de police et écopera d’une amende de 9 millions d’euros infligée par le régulateur financier du Luxembourg.
Enfin, Epstein va conseiller sur des points très précis Ariane de Rothschild dans le conflit qui l’oppose à la banque d’affaires parisienne Rothschild & Co, et à son fondateur David de Rothschild, concernant l’exploitation commerciale du nom familial pour leurs activités respectives. En quelques années, ce dossier va envenimer les relations entre les différentes branches de la famille avant qu’un accord ne soit conclu début 2018 et la hache de guerre enterrée, au moins pour un temps.
Le conseiller américain n’est pas le seul à s’intéresser à ce dossier : « Emmanuel Macron a joué un rôle de réconciliation entre Rothschild & Co et le groupe Edmond de Rothschild », m’a ainsi assuré il y a quelques années un banquier parisien, comme je l’écrivais dans L’Emprise. Comme à son habitude, Emmanuel Macron a su jouer des réseaux contraires, travaillant pour Rothschild & Co tout en ayant un pied chez Edmond de Rothschild. Un rôle d’équilibriste qu’il affectionne. Ariane de Rothschild et Emmanuel Macron partagent de nombreuses connaissances communes, dont le puissant courtier en assurances Pierre Donnersberg3, fondateur de la Diot Siaci4 (à l’origine, né en 1988 au sein de la Compagnie financière Edmond de Rothschild), ou le banquier Tidjane Thiam (directeur général du Crédit Suisse entre 2015 et 2020). Le 26 janvier 2016, Ariane de Rothschild envoie à Epstein le mail suivant : « Je suis en compagnie des dirigeants des principales compagnies d’assurance françaises afin de préparer (espérons-le) de futurs investissements dans l’immobilier public. Je devrais voir Macron dans les prochaines semaines. Je déjeune demain avec Tidjane Thiam.»5 De son côté, Jeffrey Epstein semble connaître également Thiam si l’on en croit le message étrange que l’avocat David Stern laisse en commentaire d’un article de presse consacré au banquier : « Il était plus ivre encore, debout à nos côtés ».
C’est chez Edmond de Rothschild que les liens se renforcent entre Jeffrey Epstein et Olivier Colom6, un ancien conseiller de la cellule diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Élysée devenu conseiller puis secrétaire général de la banque genevoise à partir de 2013. Comme les Epstein files l’ont démontré, les deux hommes deviennent très proches, au point de s’envoyer de nombreux mails sexistes où, par exemple, l’homme d’affaires américain confie au diplomate français être « sur [son] île dans les Caraïbes, avec un aquarium plein de filles ». Aujourd’hui, Colom s’est reconverti comme consultant auprès de plusieurs chefs d’État africains (via sa société OC Advisory Ltd).
L’ex-conseiller de Sarko propose un deal en Corée du Nord
Dans les articles qu’ils consacrent à cet énarque à l’entregent insoupçonné, Mediapart et Politico négligent plusieurs éléments importants. D’abord, avant d’être propulsé conseiller à l’Élysée du temps de Sarkozy, Colom a travaillé durant deux ans auprès de Tony Blair, l’ancien Premier ministre anglais devenu consultant international. Ensuite, après son passage à la banque Edmond de Rothschild, Colom a rejoint le conseil d’administration d’Endeavour Mining, une société minière spécialisée dans l’or et dirigée alors par son ami Sébastien de Montessus, ex numéro 3 d’Areva (comme je le rappelle dans cet article), et dont l’actionnaire principal est le milliardaire égyptien Naguib Sawiris (qu’on a retrouvé en septembre 2025 auprès de Tony Blair pour son « plan » pour Gaza).
Cette proximité d’affaires avec le principal actionnaire d’Endeavour Mining pourrait expliquer pourquoi Olivier Colom propose à son ami Jeffrey Epstein une opportunité « énorme » et « ultra confidentielle » avec « la Corée du Nord ». En effet, entre 2008 et 2018, Naguib Sawiris a osé investir, via sa filiale telecom Orascom, dans ce pays si fermé pour l’équiper d’un réseau de téléphonie 3G. À Colom, Jeffrey Epstein répond alors qu’il est « très intéressé ». Manifestement, le régime totalitaire nord coréen suscite son intérêt, apparaissant dans plus d’un millier de messages des Epstein files, notamment au sujet de son programme nucléaire.
Le pédocriminel Jeffrey Epstein n’a jamais été seulement un homme d’affaires, jet-setter et multi-millionnaire. Si cette affaire est aussi sensible, c’est qu’elle percute des enjeux de renseignement à travers le monde. Derrière l’entre-soi cultivé par l’intéressé (en façade) et la mise en place d’un système de prédation sexuelle (dans l’arrière-cour), se cachent des mobiles qu’on a encore bien du mal à nommer en France, alors que la presse anglo-américaine les a déjà largement documentés : l’espionnage et la grande criminalité financière. Dans les Epstein files, on trouve ainsi un rapport du FBI datant de 2020 et faisant état du témoignage d’un informateur anonyme qui assure que Jeffrey Epstein était un « co-opted Mossad agent » (Un agent coopté du Mossad).
La Maxwell connection dès les années 1980
Dès juillet 2019, le journaliste israélien et sud-africain Zev Shalev, ancien producteur à CBS et aujourd’hui auteur de la newsletter Narativ, dévoile cet aspect de l’affaire. Dans une interview exclusive, l’ancien agent des services secrets israéliens Ari Ben-Menashe révèle alors que le magnat britannique Robert Maxwell, par ailleurs agent triple du Mossad, du KGB et du MI6, a présenté Epstein à l’origine aux services secrets militaires israéliens au tout début des années 1980. Par la suite, Ben-Menashe a confirmé qu’Epstein et Ghislaine Maxwell, la fille de Robert, agirent tous deux comme agents des services de renseignement militaires israéliens : « Ces types étaient considérés comme des agents… Ils avaient trouvé leur niche, en faisant chanter des personnalités américaines et autres pour le compte des Israéliens ». Cette histoire éclaire la très forte proximité entre Jeffrey Epstein et Ehud Barak, qui dirigea la Direction du renseignement militaire israélien (Aman) avant de devenir chef d'état-major de Tsahal (1991-1995) puis Premier ministre d’Israël.
Débutant au milieu des années 1970 comme trader chez Bear Stearns, Epstein quitte discrètement la firme financière suite à une enquête interne le visant sur des délits d’initié. C’est alors qu’il commence à travailler pour deux illustres marchands d’armes, le britannique Douglas Leese et le saoudien Adnan Khashoggi.
Auprès d’eux, Epstein devient un spécialiste des architectures financières occultes : « Le prochain emploi que Jeffrey Epstein a pu obtenir était auprès du PDG Douglas Leese, qui dirigeait un groupe de société offshore, a déclaré Steven Hoffenberg, l’un des mentors d’Epstein, à Narativ. Jeffrey Epstein a été embauché pour se charger du blanchiment d’argent, de la banque d’investissement, de la fraude financière et de toutes sortes d’activités criminelles à travers le monde. Adnan Khashoggi était lié à ce groupe de sociétés qui a aidé à former Jeffrey Epstein ». Si l’on en croit ce récit, Epstein se met à travailler pour Robert Maxwell, d’abord dans le cadre de l’opération Iran-Contra, puis en mettant ses compétences au service d’un vaste système de blanchiment d’argent venant de l’Union soviétique en train de s’écrouler. Cette architecture financière entre l’Est et l’Ouest, Epstein en héritera juste après la mort suspecte de Robert Maxwell en novembre 1991, comme l’assure Steven Hoffenberg auprès de Zev Shalev : « Il s’agissait d’un transfert de pouvoir du père Robert Maxwell à sa fille Ghislaine, qui a fait appel à son amant et petit ami Jeffrey Epstein pour reprendre les activités d’espionnage de son père ».
Or, selon la biographie officielle, Jeffrey Epstein ne rencontre Ghislaine Maxwell que lors de son « exil » à New-York à partir de 1992. Cette version documentée d’une rencontre entre Maxwell et Epstein dès les années 1980 par Shalev et bien d’autres spécialistes de la Russie, bouleverse l’affaire. Car à la même période, Epstein rencontre Donald Trump, qui deviendra l’un des rouages du système mis en place sous l’ombrelle de Maxwell, système qui profitera à nombre d’oligarques russes dans les années 1990.
Robert Maxwell, Jack Lang et la privatisation de TF1
Et c’est là que les mensonges de Jack Lang et de sa fille Caroline, tous deux acculés par les révélations de Mediapart, s’éclairent. La semaine dernière, père et fille ont tenté de minimiser leurs relations avec Jeffrey Epstein et ont largement expliqué dans leurs multiples interventions médiatiques qu’ils n’avaient rencontré l’homme d’affaires américain qu’à partir de 2013. Cette version concorde avec le matériel mis à disposition par la justice américaine : la plupart des documents dévoilés au grand public correspondent à des échanges sur quelques boîtes mails et des SMS après cette période. Mais elle résiste mal à l’analyse et à l’histoire.
Car si Caroline Lang a commencé sa carrière dans l’audiovisuel et le monde culturel en rejoignant en 1989 à Londres la Maxwell Communication, la société de médias dirigée alors par Robert Maxwell), c’est que son père, Jack Lang, ministre de la Culture et de la Communication entre 1981 et 1986, connaissait très bien le magnat britannique et le fréquentait dès cette époque. Étonnamment, cette histoire n’est jamais rappelée alors qu’elle explique la proximité de la famille Lang avec le système Maxwell. Pour le comprendre, il faut se replonger dans le livre majeur des journalistes Pierre Péan et Christophe Nick, TF1, un pouvoir, publié en 1997 chez Fayard (par le grand éditeur Claude Durand).

Si la femme de Robert Maxwell est française (sa famille est originaire du Sud-ouest), le magnat aime aussi la France pour ses opportunités financières et de pouvoir. On l’a oublié, mais dans les années 1980, le britannique débarque avec fracas dans le milieu des affaires français et en particulier dans l’audiovisuel en plein bouleversement avec la création de chaînes privées décidée par le nouveau pouvoir socialiste.
Et comme nous l’apprennent Péan et Nick, sous Mitterrand, Maxwell a bien ses entrées à l’Élysée. En août 1985, le magnat rencontre le président français pour évoquer le dossier de la future chaîne La Cinq. Il a face à lui Silvio Berlusconi qui dispose déjà de chaînes de télévision en Italie. Pour se faire bien voir du pouvoir, le britannique décide alors de mettre 150 millions de francs sur la table pour boucler le budget de la Grande Arche de la Défense, l’un des « Grands Travaux » voulus par François Mitterrand, en partie supervisés par Jack Lang du côté politique, et réalisé la plupart du temps par… le groupe Bouygues. Les liens vont ainsi se renforcer lors de ce sauvetage du projet de la Défense : « Bouygues, Maxwell, Mitterrand se réunissent ainsi autour de la Grande Arche », notent les journalistes dans leur livre.
S’il n’obtient pas gain de cause sur la future La Cinq, Maxwell frappe un grand coup au moment de la cohabitation Chirac-Mitterrand. Fin 1986, le magnat s’agite alors beaucoup à Paris, surtout du côté de l’Élysée. Car l’équipe Bouygues cherche un actionnaire de référence pour boucler son futur tour de table dans le cadre de la privatisation de TF1 décidée par la droite dès son arrivée à Matignon. Entrepreneur à succès dans le BTP, Francis Bouygues souhaite ravir la première chaîne publique mais il lui manque de l’argent. Face au grand favori, le groupe Hachette de Jean-Luc Lagardère, qui a les faveurs du Premier ministre Jacques Chirac, Mitterrand voit d’un bon œil la constitution d’une offre concurrente. Si Bouygues est loin d’être de gauche, il a toujours veillé à conserver de bonnes relations avec le président socialiste et lui a assuré sa neutralité s’il devient patron de TF1. L’Élysée peut être satisfait : en novembre 1986, le premier contact des “Bouygues” avec Maxwell est établi.
Maxwell « fait intervenir Lang »
Pour Mitterrand, l’ancien ministre Jack Lang suit de près ce dossier TF1. Après le vote de la loi Léotard sur l’audiovisuel qui entérine la privatisation de TF1, Lang déjeune ainsi avec Francis Bouygues. Et la figure du PS est en relation constante avec Robert Maxwell. Après une visite express de Patrick Le Lay (futur patron de TF1) dans les bureaux londoniens du magnat britannique en février 1987, Maxwell décide de mettre 750 millions de francs sur la table, soit 12,5 % de la future TF1 privatisée, la participation maximale permise à un étranger. « L’entrée de Maxwell dans le tour de table sera considérée comme un nouveau signe positif : “Captain Bob” est bien vu à l’Élysée depuis qu’il a sauvé la Grande Arche. Le Président est séduit par le personnage, également soutenu par Jacques Attali et Jack Lang. Maxwell se dit alors “prêt à racheter tout ce qui bouge”», raconte Jean-Claude Colliard, l’ancien directeur de cabinet du président Mitterrand.
Le 3 avril 1987, devant la CNCL (Commission nationale de la communication et des libertés), chargée de départager les offres, Francis Bouygues présente ainsi son co-investisseur dans TF1 : « Je dirais de Robert Maxwell, pour que vous le sachiez, qu’il est né en Tchécoslovaquie. Lors de l’invasion de son pays par les Allemands, il est entré dans la Résistance. Il a été condamné à mort. Évadé, il est entré en France. Il s’est engagé dans l’armée française et puis, en juin 1940, il a enjambé la Manche et s’est engagé dans l’armée britannique, et, en 1945, il s’est marié avec une Française. Son groupe est le premier groupe mondial dans le domaine des éditions scientifiques. Il est le numéro deux mondial dans l’imprimerie. Robert Maxwell a un groupe qui comprend une dizaine de quotidiens, dont le quotidien principal est le Daily Mirror qui tire à trois millions et demis d’exemplaires par jour ». Dans leur livre, Péan et Nick ironisent : « L’autre facette du personnage (…) rappelle celle de Stavisky en France dans les années 30 ».
Cette entente cordiale entre Francis Bouygues et Robert Maxwell est de courte durée. S’ils remportent ensemble la privatisation de TF1, leur alliance va vite se fissurer sur la question du contrôle de la chaîne. Les deux patrons avaient préalablement signé un pacte d’actionnaires secret qui accordait un pouvoir de contrôle à Maxwell. Mais Bouygues ne l’entend pas de cette oreille, et placardise rapidement Ian Maxwell, le fils du magnat britannique, nommé responsable international de la chaîne. Après la seconde victoire de Mitterrand en 1988, la guerre sera totale.
Les Bouygues estiment que derrière l’activisme de Maxwell, l’Élysée n’est pas loin. « Ainsi, il fait intervenir Jack Lang auprès du président du CSA [Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, qui a succédé à la CNCL, ndlr] », assurent Péan et Nick. Le président du CSA reçoit l’avocat de Maxwell, Samuel Pisar, pour non respect du pacte secret. Durant toute cette période, le magnat britannique s’invite aussi dans la guerre entourant le contrôle de la société de communication Havas (il prend un temps 4,7 % du groupe). « Robert Maxwell tisse sa toile aussi bien à l’Élysée qu’à Bercy…», commentent Péan et Nick. En plus de Lang et Attali, Maxwell se rapproche sur ce dernier dossier de Jean-Charles Naouri, l’ancien directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, devenu banquier d’affaires chez Rothschild et bientôt grand financier de la place parisienne. Début 1991, Maxwell décide de jeter l’éponge et vend ses parts de TF1 à Goldman Sachs, qui les revendra par la suite aux banques françaises qui soutiennent Bouygues. Étrangement, toute cette histoire n’a pas été rappelée par Jack Lang lui-même pour expliquer sa proximité avec Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell… Sur le temps long, elle permet au moins d’expliquer en partie celle-ci. L’ex-ministre de la Culture n’a peut-être pas envie d’ouvrir le dossier Maxwell hérité aussi de la Mitterrandie.
Ajout jeudi 12 février à 12h45 : ce jeudi matin, en marge de la présentation des résultats annuels du groupe Hermès, Axel Dumas, PDG d’Hermès, a dû s’expliquer devant la presse économique internationale sur sa rencontre avec Jeffrey Epstein. Selon lui, Epstein a fait le « forcing » pour le voir dans le cadre de la tentative de contrôle d’Hermès par LVMH. Comme jeune PDG, il constituait, selon lui, une « cible » pour ce « prédateur financier ». Dépêche Reuters à lire.
La femme d’Axel Dumas est Elisabeth Frank, journaliste et cheffe du service culture de Libération.
Le SMS entier que m’envoie Serge Weinberg est le suivant : « Ed Epstein était un journaliste d’investigation, connaissance de mon épouse, que j’ai rencontré trois fois. Je n’ai jamais été informé qu’il avait invité Jeffrey Epstein à un déjeuner chez lui. Le déjeuner que vous évoquez n’a jamais eu lieu et j’en ignorais tout. Je ne suis jamais allé chez Ed Epstein. En conséquence, je n’ai jamais rencontré Jeffrey Epstein dont j’ai découvert l’existence lorsque son inculpation est devenue publique. Cordialement. Serge. J’espère que cette information clôt toute interrogation que vous pourriez avoir sur le sujet ».
Au cours de la campagne présidentielle 2017, Pierre Donnersberg s’active et permet au candidat d’obtenir un engagement ferme de l’assureur Allianz, ce qui débloquera des prêts auprès de la BRED et du Crédit Mutuel, pour 10,7 millions d’euros, juste avant et après le premier tour : grâce à cela, Emmanuel Macron peut boucler le budget de sa campagne.
Depuis 2025, le principal actionnaire de Diot Siaci est le fonds d’investissement Ardian, fondé par Dominique Sénéquier, qui a pris 45 % des parts. Entre 2015 et 2018, Ardian avait déjà été actionnaire majoritaire de ce groupe de courtage (qui s’appelait alors la Siaci Saint-Honoré), aux côtés du groupe Edmond de Rothschild. Et comme le Paris des affaires est un village : depuis 2013, Ardian est un actionnaire de référence d’Hermès.
Citation du mail ajoutée le mardi 10 février 2026 à 17h.
Ariane de Rothschild et Jeffrey Epstein ont fait connaissance au printemps 2013. Ils ont été présentés l’un à l’autre par le diplomate norvégien Terje Roed-Larsen, le père des accords d’Oslo, par le biais d’Olivier Colom.







Epstein était un fixeur. Il connaissait tout le monde, et il y a comme avec Maxwell la filière Israélienne et crime organisé juif. Ne as oublié que c'est la banque Rothschild qui a financé son acquisition de Macmillan et celle de Jimmy Goldsmith de Firestone, afin de prendre pied à Wall Street...
Steve Hoffenberg a récruté Epstein Chez Towers Financial sur recommandation de Leese. Hoffneber n'était pas un spécialiste des circuits financiers occulte. Il opérait une pyramide de Ponzi et avait besoin d'Epstein qui connaissait les circuits offshore- ce qui d'ailleurs permis à ce dernier de détourner 100 millions de dollars, origine de sa fortune.
Samuel Pisar était le beau-père - celui qui l'a élevé - d'Antony Blinken.
C'est "La vérité si je mens" avec des centaines de milliards...
Comme tous les escrocs, Epstein se fait passer pour ce qu'il n'est pas. La tentative de raid de Arnault sur Hermès était illégale, LVMH a mangé de plus grosse amende jamais infligée par la COB... https://www.eclaireur.eu/p/la-chasse-au-squale-est-ouverte-celle?utm_source=publication-search
Journaliste Ryan Grim : "Dans les années 1980, Epstein s'est procuré un passeport autrichien avec une fausse identité et une adresse en Arabie saoudite. Après son arrestation en 2019, les autorités américaines l'ont découvert dans un coffre-fort de sa résidence new-yorkaise. Lors de l'audience de mise en liberté sous caution, ses avocats ont affirmé que le passeport provenait d'un « ami » et visait à dissimuler son identité juive en cas d'enlèvement lors d'un voyage. Sept Américains, dont un agent de la CIA, ont été enlevés au Liban entre 1984 et 1985, et des discussions ont eu lieu concernant un trafic d'armes contre des otages avec l'Iran.
Après que Peres eut accepté de faciliter les envois d'armes à Khashoggi vers l'Iran, la logistique fut confiée aux services de renseignement militaire israéliens. Ehud Barak, ami proche et confident d'Epstein, dirigeait la direction du renseignement militaire israélien durant la phase de planification , d'avril 1983 à septembre 1985. Il quitta son poste un mois après la livraison du premier colis d'armes. À ce jour, Barak affirme avoir été présenté à Epstein par Shimon Peres lors d'un « événement public » en 2003, après avoir quitté la fonction publique. Barak a également prétendu, à tort, qu'il connaissait à peine Epstein. On ignore s'ils se sont réellement rencontrés avant 2003.